Prolongations
À l’ICI Léon, Prolongations réunit M’barka Amor, Ouassila Arras et Dalila Dalléas Bouzar dans un parcours autour du sport, des corps éprouvés et des imaginaires collectifs.
Description de la visite
Prolongations réunit M'barka Amor, Ouassila Arras et Dalila Dalléas Bouzar autour du sport, des corps et des rêves collectifs.
Le parcours rassemble sculptures, installations, peintures, broderies et dessins de M’barka Amor, Ouassila Arras et Dalila Dalléas Bouzar. À l’ICI Léon, les trois artistes abordent le sport comme un terrain de projection et de résistance, entre rêves de gloire, corps éprouvés, vestiaires, gradins, lumière et désillusion. La matière de l’exposition est donc très concrète: gestes sportifs, attentes sociales, déterminismes économiques, imaginaires collectifs et stratégies de contournement.
L’exposition est née d’une rencontre artistique et amicale, accompagnée par la commissaire et critique d’art Horya Makhlouf. Cette construction collective se ressent dans le parcours: les œuvres ne se contentent pas d’illustrer un thème commun, elles composent un terrain partagé où se croisent récits intimes et références populaires. Le sport devient un langage pour parler de trajectoires empêchées, d’efforts invisibles, d’assignations et de réinventions possibles.
Le visiteur sort avec une image moins lisse du sport. Derrière le jeu, la performance ou le spectacle, Prolongations fait apparaître des rapports de pouvoir, des blessures et des formes de solidarité. L’Institut des Cultures d’Islam donne à cette lecture une résonance urbaine forte, dans le 18e arrondissement. La proposition compte parce qu’elle utilise un imaginaire très partagé pour ouvrir une réflexion sur le corps social, la place des femmes et les promesses parfois ambiguës de la réussite.
Contexte culturel et artistique
Le lieu et son horizon culturel
Les jardins de la Goutte d’Or | Institut des Cultures d’Islam
Le cadre culturel
À l’ICI Léon, Prolongations réunit M’barka Amor, Ouassila Arras et Dalila Dalléas Bouzar dans un parcours autour du sport, des corps éprouvés et des imaginaires collectifs.
Focus sur les œuvres
Tissus de mensonges
Tissus de mensonges, réalisé parOuassila Arrasen 2026, est une œuvre textile présentée àl’ICI Léon, Institut des Cultures d’Islam, dans l’expositionProlongations. Les sources de présentation du parcours la rattachent à un travail de grattage, d’effacement et de recomposition, proche d’une archive raturée. Sa technique relève du textile, de la broderie ou de l’intervention sur tissu, et sa conservation s’inscrit dans le régime contemporain de l’œuvre prêtée ou présentée avec la courtoisie de l’artiste.
Cette œuvre donne une entrée très forte dans le sujet de l’exposition, parce qu’elle transforme le sport en affaire de mémémoire sociale. Le tissu n’est pas seulement un support doux ou décoratif: il devient lieu de tension, de trace et de correction. Arras travaille contre les récits trop lisses, ceux qui promettent la réussite sportive comme horizon évident alors que les déterminismes économiques, raciaux ou symboliques pèsent sur les trajectoires. Dans le parcours,Tissus de mensongesfonctionne comme une surface critique. Il faut observer ce qui est montré, mais aussi ce qui semble effacé, recouvert, repris. Le titre est explicite: le textile peut mentir, mais il peut aussi révéler les coutures du mensonge. À l’ICI, cette œuvre dialogue avec les vestiaires, les tribunes, les rêves de gloire et les corps éprouvés évoqués par le projet. Elle rappelle que l’art textile peut porter une charge politique très directe, sans abandonner la délicatesse du geste. La broderie devient alors une manière de réécrire ce qui a été tu.
NOS
NOS, œuvre textile deDalila Dalléas Bouzarprésentée en 2026 dansProlongations, est montrée àl’ICI Léon, Institut des Cultures d’Islam. Les sources de l’exposition la décrivent comme une œuvre qui explore les dimensions rituelles et collectives du corps en mouvement. Sa technique relève du textile, de l’installation ou de la peinture transposée dans une matière souple, selon la pratique de l’artiste, et sa conservation correspond à une présentation contemporaine avec prêt ou courtoisie de l’artiste.
Le titreNOSdoit être entendu comme un pronom et comme un espace commun. Dalléas Bouzar travaille souvent les corps, les visages, l’identité et les dominations; ici, le sport lui donne un terrain collectif où se rejouent désir d’appartenance et rapports de pouvoir. Dans l’exposition, l’œuvre permet de déplacer le regard du champion individuel vers les corps partagés: équipes, supporters, enfants qui portent des noms sur des maillots, figures héroïsées ou oubliées. Il faut observer la dimension rituelle du textile. Un maillot, une bannière, une étoffe ou une surface portée peut créer une communauté, mais aussi masquer les exclusions qui la traversent.NOSrend sensible cette ambiguïté. L’œuvre parle de nous, mais demande qui est inclus dans ce nous. À l’ICI, elle entre en dialogue avec les sculptures, peintures et broderies des deux autres artistes, dans un parcours qui traite l’espace d’exposition comme un terrain de compétition et de résistance. Le textile devient une forme de mémémoire collective en mouvement.
Jardin de rocailles
Jardin de rocailles, installation deM’barka Amorprésentée en 2026 dansProlongations, est une œuvre contemporaine visible àl’ICI Léon, Institut des Cultures d’Islam. Les sources de l’exposition décrivent un parcours où sculptures, installations, peintures, broderies et dessins se répondent autour du sport, des corps éprouvés et des stratégies de réinvention. Sa technique relève de l’installation sculpturale et du travail de l’espace; sa conservation est celle d’une œuvre contemporaine prêtée ou produite pour le contexte de l’exposition.
Cette œuvre permet de comprendre le mot « terrain » au sens large. DansProlongations, le centre d’art devient un espace de jeu, mais aussi de résistance. Un jardin de rocailles n’est pas un stade; pourtant il évoque un sol à parcourir, des obstacles, des reliefs, une manière de composer avec ce qui résiste. Amor déplace ainsi le vocabulaire sportif vers une géographie sensible. Il faut regarder l’installation comme un paysage d’efforts et de contournements. Le sport promet souvent la mobilité sociale, la victoire par le mérite, la beauté du dépassement. L’exposition montre aussi les impasses de cette promesse. Les formes installées au sol ou dans l’espace rappellent que les trajectoires né sont jamais neutres: elles rencontrent des pierres, des limites, des déterminismes. En dialogue avec les œuvres textiles et picturales du parcours,Jardin de rocaillesdonne une présence physique à ces obstacles. Le visiteur né lit pas seulement un discours sur le sport; il traverse un espace qui oblige à penser le corps, le chemin et la possibilité de faire autrement.
Pourquoi cette exposition compte
Ici, les sources sont suffisamment nettes pour donner un vrai angle de lecture. La page existante indique qu’a l’ICI Leon, Prolongations prend la forme d’un parcours collectif autour du sport, des corps eprouves et des imaginaires collectifs. Cette formulation est importante parce qu’elle situe l’exposition du côté d’une proposition chorale, ou plusieurs pratiques se repondent plutot que d’un accrochage centre sur une seule signature. L’Institut des Cultures d’Islam donne aussi un cadre fort a la visite: un lieu parisien attentif aux scènes artistiques du monde arabe et des diasporas, qui permet de lire les œuvres dans un horizon culturel et social plus large.
Pour le visiteur, cela signifie que l’intérêt de l’exposition tient autant au sujet qu’a la maniere dont il est partage entre plusieurs voix. Le sport n’apparait pas ici comme un simple theme illustratif, mais comme un terrain ou se croisent effort, memoire, expérience du corps et formes de projection collective. Si tu aimes les expositions contemporaines qui prennent le temps de construire un contexte, cette fiche a de quoi donner envie. Elle conviendra moins a une visite ultra rapide cherchant un seul nom phare, et davantage a celles et ceux qui attendent d’une exposition un ensemble de resonances entre lieu, artistes et questions d’aujourd’hui.