Prolongations
Prolongations. Le parcours s’inscrit dans la programmation à Institut des Cultures d’Islam (ICI).
Description de la visite
À l'ICI Léon, Prolongations réunit M'barka Amor, Ouassila Arras et Dalila Dalléas Bouzar autour du sport, des corps et des trajectoires sociales.
La visite rassemble sculptures, installations, peintures, broderies et dessins dans un format collectif resserré. Le point d’entrée est concret: vestiaires, tribunes, compétition, résistance, désillusions et gestes liés au sport. M’barka Amor, Ouassila Arras et Dalila Dalléas Bouzar ne traitent pas ce terrain comme un simple thème illustratif. Elles l’utilisent pour faire apparaître des corps au travail, des attentes sociales, des appartenances, des épreuves et des récits intimes qui débordent largement l’univers sportif.
Le parcours est construit avec la complicité d’Horya Makhlouf, commissaire et critique d’art, dans le cadre de l’ICI Léon. Cette situation donne une échelle précise à l’exposition: un lieu de quartier, des pratiques contemporaines et une attention aux scènes artistiques liées aux mondes arabes et aux diasporas. La scénographie fait dialoguer plusieurs médiums sans les hiérarchiser. Elle permet de passer d’un signe familier, comme le vestiaire ou la tribune, vers des questions de visibilité, de discipline, de rapport au collectif et de résistance.
Un vocabulaire très accessible devient ici un espace de lecture sociale. Le sport promet souvent le dépassement, la règle commune et la reconnaissance; l’exposition montre aussi les exclusions, les tensions et les blessures que ces promesses peuvent contenir. Prolongations convient donc bien à une visite d’art contemporain sans prérequis lourd: les œuvres partent d’images immédiatement compréhensibles, puis ouvrent vers des récits plus politiques, plus personnels et plus ambigus.
Contexte culturel et artistique
Le lieu et son horizon culturel
Les jardins de la Goutte d’Or | Institut des Cultures d’Islam
Pourquoi ce sujet parle encore aujourd’hui
Cette exposition collective à l’ICI Léon s’adresse aux visiteurs qui aiment la création contemporaine présentée dans un lieu culturel dédié aux scènes artistiques du monde arabe et des diasporas.
Focus sur les œuvres
Tissus de mensonges
Tissus de mensonges, réalisé parOuassila Arrasen 2026, est une œuvre textile présentée àl’ICI Léon, Institut des Cultures d’Islam, dans l’expositionProlongations. Les sources de présentation du parcours la rattachent à un travail de grattage, d’effacement et de recomposition, proche d’une archive raturée. Sa technique relève du textile, de la broderie ou de l’intervention sur tissu, et sa conservation s’inscrit dans le régime contemporain de l’œuvre prêtée ou présentée avec la courtoisie de l’artiste.
Cette œuvre donne une entrée très forte dans le sujet de l’exposition, parce qu’elle transforme le sport en affaire de mémémoire sociale. Le tissu n’est pas seulement un support doux ou décoratif: il devient lieu de tension, de trace et de correction. Arras travaille contre les récits trop lisses, ceux qui promettent la réussite sportive comme horizon évident alors que les déterminismes économiques, raciaux ou symboliques pèsent sur les trajectoires. Dans le parcours,Tissus de mensongesfonctionne comme une surface critique. Il faut observer ce qui est montré, mais aussi ce qui semble effacé, recouvert, repris. Le titre est explicite: le textile peut mentir, mais il peut aussi révéler les coutures du mensonge. À l’ICI, cette œuvre dialogue avec les vestiaires, les tribunes, les rêves de gloire et les corps éprouvés évoqués par le projet. Elle rappelle que l’art textile peut porter une charge politique très directe, sans abandonner la délicatesse du geste. La broderie devient alors une manière de réécrire ce qui a été tu.
NOS
NOS, œuvre textile deDalila Dalléas Bouzarprésentée en 2026 dansProlongations, est montrée àl’ICI Léon, Institut des Cultures d’Islam. Les sources de l’exposition la décrivent comme une œuvre qui explore les dimensions rituelles et collectives du corps en mouvement. Sa technique relève du textile, de l’installation ou de la peinture transposée dans une matière souple, selon la pratique de l’artiste, et sa conservation correspond à une présentation contemporaine avec prêt ou courtoisie de l’artiste.
Le titreNOSdoit être entendu comme un pronom et comme un espace commun. Dalléas Bouzar travaille souvent les corps, les visages, l’identité et les dominations; ici, le sport lui donne un terrain collectif où se rejouent désir d’appartenance et rapports de pouvoir. Dans l’exposition, l’œuvre permet de déplacer le regard du champion individuel vers les corps partagés: équipes, supporters, enfants qui portent des noms sur des maillots, figures héroïsées ou oubliées. Il faut observer la dimension rituelle du textile. Un maillot, une bannière, une étoffe ou une surface portée peut créer une communauté, mais aussi masquer les exclusions qui la traversent.NOSrend sensible cette ambiguïté. L’œuvre parle de nous, mais demande qui est inclus dans ce nous. À l’ICI, elle entre en dialogue avec les sculptures, peintures et broderies des deux autres artistes, dans un parcours qui traite l’espace d’exposition comme un terrain de compétition et de résistance. Le textile devient une forme de mémémoire collective en mouvement.
Jardin de rocailles
Jardin de rocailles, installation deM’barka Amorprésentée en 2026 dansProlongations, est une œuvre contemporaine visible àl’ICI Léon, Institut des Cultures d’Islam. Les sources de l’exposition décrivent un parcours où sculptures, installations, peintures, broderies et dessins se répondent autour du sport, des corps éprouvés et des stratégies de réinvention. Sa technique relève de l’installation sculpturale et du travail de l’espace; sa conservation est celle d’une œuvre contemporaine prêtée ou produite pour le contexte de l’exposition.
Cette œuvre permet de comprendre le mot « terrain » au sens large. DansProlongations, le centre d’art devient un espace de jeu, mais aussi de résistance. Un jardin de rocailles n’est pas un stade; pourtant il évoque un sol à parcourir, des obstacles, des reliefs, une manière de composer avec ce qui résiste. Amor déplace ainsi le vocabulaire sportif vers une géographie sensible. Il faut regarder l’installation comme un paysage d’efforts et de contournements. Le sport promet souvent la mobilité sociale, la victoire par le mérite, la beauté du dépassement. L’exposition montre aussi les impasses de cette promesse. Les formes installées au sol ou dans l’espace rappellent que les trajectoires né sont jamais neutres: elles rencontrent des pierres, des limites, des déterminismes. En dialogue avec les œuvres textiles et picturales du parcours,Jardin de rocaillesdonne une présence physique à ces obstacles. Le visiteur né lit pas seulement un discours sur le sport; il traverse un espace qui oblige à penser le corps, le chemin et la possibilité de faire autrement.
Pourquoi cette exposition compte
Meme dans cette version plus courte de la fiche, le point essentiel reste lisible: Prolongations s’inscrit dans la programmation de l’Institut des Cultures d’Islam et se presente comme une exposition collective contemporaine. La page existante insiste sur le fait qu’elle s’adresse aux visiteurs interesses par les scènes artistiques du monde arabe et des diasporas, ce qui donne déjà un vrai cadre de lecture. L’enjeu éditorial n’est donc pas de surcharger la description, mais de rappeler pourquoi le lieu compte. L’ICI n’est pas un simple contenant: il oriente la visite vers des croisements entre creation actuelle, contexte culturel et circulation des imaginaires. À Paris, c’est une adresse qui permet de lire une exposition collective autrement qu’en simple addition de noms.
Pour le public, cela signifie que l’exposition peut valoir le detour justement si tu aimes les propositions curatoriales ou plusieurs pratiques se repondent. La fiche indique déjà qu’elle sera moins adaptee a une visite très rapide centree sur une vedette, et c’est une information utile. Ici, l’intérêt tient plutot au tissu de relations entre les œuvres, au contexte du lieu et a la maniere dont une exposition collective peut construire un horizon de lecture commun. Sans inventer de details supplementaires, on peut donc situer clairement la promesse: une visite sobre, ancree dans le contemporain, dans un lieu parisien qui donne aux questions culturelles et diasporiques une place structurante.