Charles Cordier : « Chinois et Chinoise, 1853 », l’audace sculpturale qui bouscule le Musée d’Orsay

Adresse :

62 rue de Lille, 75007 Paris - Cabinet d'architecture Niveau 0 Espace Paris

Date d’ouverture :

19/11/2024

Date de fin :

02/03/2025

Horaires :

Mardi, mercredi,jeudi, vendredi, samedi, dimanche : 9h30-18h et Jeudi : nocturne jusqu'à 21h45

Tarifs :

Entre 17,50€ et 13,65€

Transports :

Métro 12 : Station Solférino RER C : Station Musée d'Orsay

L’exposition

Un sculpteur aux antipodes des conventions

Charles Henri Joseph Cordier, né en 1827 à Cambrai, n’était pas destiné à suivre une voie toute tracée. Fils d’un pharmacien, il se détourne rapidement des attentes familiales pour embrasser une carrière artistique. Après des études de dessin à l’école communale de Cambrai, il intègre l’atelier du sculpteur Louis Victor Bougron, où il s’initie au modelage. Mais c’est à Paris, sous la tutelle de François Rude, qu’il affine son art. Cordier ne se contente pas de sculpter des bustes classiques ; il s’aventure là où peu osent aller, capturant la diversité humaine avec une précision ethnographique. Ses œuvres, loin des canons européens, mettent en lumière des visages d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient, défiant les normes esthétiques de son époque.

Le Musée d’Orsay : une gare métamorphosée en temple de l’art

Installé au cœur de Paris, le long de la Seine, le Musée d’Orsay est bien plus qu’un simple musée. Ancienne gare construite pour l’Exposition universelle de 1900, cet édifice monumental a su se réinventer pour devenir un sanctuaire dédié à l’art de la seconde moitié du XIXe siècle. Avec sa verrière imposante et son horloge emblématique, le bâtiment lui-même est une œuvre d’art, offrant un écrin majestueux aux collections qu’il abrite. Peintures impressionnistes, sculptures audacieuses et objets d’art décoratif s’y côtoient, faisant du musée une étape incontournable pour tout amateur d’art qui se respecte.

Des bustes qui bousculent les codes

L’exposition actuelle met en lumière deux œuvres majeures de Cordier : les bustes intitulés « Chinois » et « Chinoise », réalisés en 1853. Ces sculptures ne sont pas de simples représentations ; elles sont le fruit d’une rencontre entre l’artiste et deux Chinois, Chung Ataï et sa seconde épouse Yung Achoi, venus en Europe pour l’Exposition universelle de Londres en 1851. Cordier, toujours en quête de diversité culturelle, saisit cette opportunité pour immortaliser leurs traits. Utilisant des techniques innovantes pour l’époque, telles que la galvanoplastie et l’émaillage, il insuffle une polychromie saisissante à ses œuvres, capturant non seulement les traits physiques mais aussi l’essence culturelle de ses sujets.

Une acquisition audacieuse pour le Musée d’Orsay

Le Musée d’Orsay, fidèle à sa mission de présenter des œuvres emblématiques, a récemment enrichi sa collection en acquérant ces deux bustes de Cordier. Restaurées avec soin, ces sculptures sont désormais exposées, offrant aux visiteurs une plongée dans l’audace artistique du XIXe siècle. Cette acquisition témoigne de l’engagement du musée à mettre en avant des œuvres qui défient les conventions et élargissent notre compréhension de l’art et de la culture.

Une invitation à repenser l’art et la diversité

L’exposition des bustes « Chinois » et « Chinoise » de Cordier au Musée d’Orsay n’est pas qu’une simple présentation d’œuvres d’art. Elle est une invitation à questionner nos perceptions de la beauté, de la diversité et de l’art lui-même. En capturant la richesse des cultures non occidentales, Cordier nous pousse à élargir notre horizon artistique et à reconnaître la valeur intrinsèque de chaque individu, indépendamment de son origine. Une leçon intemporelle qui résonne encore aujourd’hui.

Musée d'Orsay

Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les musées parisiens. Le Musée d'Orsay n'est pas votre énième temple de l'art pompeux où des gardiens grincheux vous fusillent du regard dès que vous osez respirer trop fort. Non, ici, vous pénétrez dans une ancienne gare transformée en cathédrale de l'art, où la beauté brute de l'architecture industrielle se marie aux chefs-d'œuvre des artistes qui ont fait trembler le petit monde bien-pensant du XIXe siècle.